Depuis le 26 février 2025, la vente de cigarettes électroniques jetables est interdite en France. Une loi votée à l’unanimité au Sénat, qui a vidé les rayons en quelques jours et rebattu les cartes d’un marché en pleine expansion. Pourtant, la question reste d’actualité : ces dispositifs continuent de circuler, et beaucoup ignorent encore ce qui est légal ou non.

Un format né pour la simplicité, devenu un phénomène de masse

Une puff est une cigarette électronique à usage unique, préremplie d’e-liquide et dotée d’une batterie préchargée. Pas de réglage, pas de remplissage : elle s’utilise directement, ce qui explique son succès fulgurant depuis son apparition vers 2019. Les premiers modèles proposaient environ 300 bouffées ; les versions plus récentes pouvaient atteindre 5 000 bouffées, avec des batteries de 1 500 mAh et des systèmes anti-fuite perfectionnés. Les arômes sucrés et le prix abordable ont largement contribué à séduire un public très jeune. Selon Santé publique France, plus de 15 % des adolescents de 13 à 16 ans avaient déjà expérimenté ce produit avant l’interdiction.

Pourquoi la France a tranché : mineurs et environnement

La loi n° 2025-175 du 24 février 2025 interdit la fabrication, la mise en vente et la distribution gratuite de dispositifs électroniques de vapotage à usage unique. Deux raisons principales ont motivé ce choix. D’abord, la protection des mineurs : parmi les adolescents ayant utilisé une puff, 28 % ont commencé leur initiation à la nicotine via ce produit, et 17 % se sont ensuite tournés vers d’autres formes de tabac ou de nicotine. La nicotine agit sur un cerveau en développement, pouvant modifier son fonctionnement durable, notamment les zones liées à l’humeur et au contrôle des impulsions. Ensuite, l’impact environnemental : batterie lithium non extractible, plastiques et circuit électronique rendent ces objets quasiment impossibles à recycler dans les filières classiques, s’ajoutant aux milliards de déchets issus du tabac. Cette interdiction s’inscrit dans le Programme National de Lutte contre le Tabac 2023-2027, et la Belgique avait déjà franchi le pas au 1er janvier 2025.

Ce qui reste légal, et la réalité du terrain en 2026

L’interdiction ne concerne que les dispositifs non rechargeables. Les puffs rechargeables (à cartouche ou réservoir remplaçable) restent en vente, sous réserve du respect des normes européennes : 20 mg/ml de nicotine au maximum, 2 ml de capacité par cartouche, et notification à l’ANSES avant commercialisation. En pratique, le marché s’est repositionné vers ces modèles longue durée. Malgré la loi, des témoignages signalent que des puffs jetables restent accessibles dans certains points de vente ou via des canaux en ligne, sans que ce phénomène soit quantifié précisément. Pour quiconque souhaitant comprendre les alternatives disponibles, un tour du côté des articles Santé du site peut aider à mieux cerner les enjeux liés au vapotage et à l’arrêt du tabac.

Le dossier des puffs illustre bien la tension entre un produit pensé pour être simple et accessible, et les conséquences sanitaires et environnementales qui en découlent. L’interdiction a posé un cadre, mais la vigilance reste de mise, aussi bien pour les consommateurs que pour les professionnels de santé.

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